Le Cachemire : région convoitée entre Inde, Pakistan et Chine
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Le Cachemire : région convoitée entre Inde, Pakistan et Chine

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Le Cachemire est une région de 222 236 km² disputée entre l'Inde, le Pakistan et la Chine. Géographie, conflit, paysages, pashmina et culture kashmirie.

Le Cachemire couvre 222 236 km² au carrefour de l’Inde, du Pakistan et de la Chine. Cette région himalayenne, disputée depuis 1947, n’est pas un pays mais un territoire divisé entre trois États. Connu pour ses paysages alpins, son pashmina et sa culture millénaire, le Kashmir fascine autant qu’il interroge.

Localisation et géographie de la région du Cachemire

La région du Cachemire se situe à l’extrême nord du sous-continent indien, entre 32° et 37° de latitude nord. Elle s’étend le long de l’arc himalayen, bordée par l’Afghanistan à l’ouest et le Xinjiang chinois au nord-est. L’altitude varie de 300 mètres dans les plaines de Jammu à 8 611 mètres au sommet du K2, deuxième plus haut pic mondial.

La vallée de Srinagar, cœur historique du Kashmir indien, se niche à 1 586 mètres d’altitude. Les chaînes du Karakoram et de l’Hindu Kush encadrent le territoire au nord et à l’ouest. Cet isolement montagneux a forgé une identité culturelle distincte sur plus de 5 000 ans. Pour une vue détaillée des frontières et des zones administrées, consultez la carte complète du Cachemire.

Le Cachemire, une région divisée entre trois pays

Le Cachemire n’est pas un pays. Aucun État souverain ne porte ce nom. La région se divise en trois zones administrées par trois puissances distinctes depuis la première guerre indo-pakistanaise de 1947.

TerritoireAdministré parSuperficiePopulation estimée
Jammu-et-Cachemire + LadakhInde101 338 km² (45%)14,9 millions
Azad Kashmir + Gilgit-BaltistanPakistan85 846 km² (39%)7,2 millions
Aksai ChinChine37 244 km² (16%)quasi inhabitée

L’Inde revendique l’intégralité du territoire. Le Pakistan considère le Cachemire indien comme un territoire occupé. La Chine contrôle l’Aksai Chin, un plateau désertique à 5 000 mètres, depuis la guerre sino-indienne de 1962. La ligne de contrôle (LoC), longue de 740 km, sépare les zones indienne et pakistanaise.

En août 2019, l’Inde a révoqué l’article 370 de sa Constitution. Le Jammu-et-Cachemire a perdu son statut d’État autonome pour devenir deux territoires de l’Union : Jammu-et-Cachemire d’un côté, Ladakh de l’autre.

Origines du conflit territorial au Cachemire

Le conflit remonte à la partition de l’Inde britannique en 1947. Le Cachemire, royaume princier à majorité musulmane (77% de la population), était dirigé par le maharaja hindou Hari Singh. Face à l’invasion de milices tribales soutenues par le Pakistan, il signe l’acte d’adhésion à l’Inde le 26 octobre 1947.

Trois guerres ont suivi : 1947-1948, 1965 et 1999 (conflit de Kargil). Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 47 en 1948, appelant à un référendum d’autodétermination. Ce vote n’a jamais eu lieu, plus de 75 ans après.

Le problème ? L’eau. Les glaciers du Cachemire alimentent l’Indus, le Jhelum et le Chenab, trois fleuves vitaux pour le Pakistan. Près de 200 millions de Pakistanais dépendent de ces cours d’eau pour l’agriculture et la vie quotidienne. Le traité de l’Indus, signé en 1960 sous l’égide de la Banque mondiale, régit le partage de cette ressource. Le contrôle des sources reste un levier géopolitique majeur pour l’Inde comme pour le Pakistan.

Paysages et richesses naturelles du Cachemire

L’empereur moghol Jahangir aurait déclaré au XVIIe siècle : “Si le paradis existe sur Terre, c’est ici.” Les paysages du Cachemire justifient cette réputation : vallées alpines, lacs d’altitude, forêts de cèdres déodars et prairies fleuries au pied de l’Himalaya.

Le lac Dal, à Srinagar, s’étend sur 18 km² et accueille environ 1 500 houseboats traditionnels. Gulmarg culmine à 2 650 mètres avec le téléphérique le plus haut d’Asie (3 980 m). Pahalgam ouvre l’accès à la vallée de la Lidder. Sonamarg, porte du Ladakh, mène au glacier Thajiwas à 2 800 mètres.

Le tourisme constitue un pilier économique. L’Economic Survey du Jammu-et-Cachemire rapporte 23,6 millions de visiteurs en 2024. Ce secteur emploie deux millions de personnes et représente 7 à 8% du produit intérieur régional. Le guide voyage au Kashmir détaille les itinéraires et budgets pour explorer ces destinations.

Autre richesse : le safran de Pampore, cultivé sur 3 715 hectares à 15 km de Srinagar. Cette épice, l’une des plus chères au monde, fait vivre des milliers de familles. Les épices du Kashmir reflètent cette diversité agricole unique.

La chèvre pashmina et le cachemire textile

Le mot “cachemire” désigne aussi une fibre textile prestigieuse. Ce duvet provient de la chèvre Changthangi (Capra Hircus), élevée par les nomades Changpa sur les plateaux du Ladakh, à plus de 4 500 mètres d’altitude.

  • Chaque chèvre produit 200 à 500 grammes de fibre brute par an
  • La fibre mesure 12 à 14 micromètres de diamètre, parmi les plus fines au monde
  • Après nettoyage, seuls 35% du poids initial sont exploitables
  • Un châle en pur pashmina nécessite le duvet de 3 à 4 chèvres

L’Inde produit 40 à 50 tonnes de pashmina par an, soit moins de 1% de la production mondiale de cachemire. La tradition du tissage remonte au XVe siècle, sous le règne du sultan Zain-ul-Abidin. Chaque pièce artisanale exige plusieurs mois de travail. Cette industrie génère plus de 8 millions de dollars annuels pour l’économie du Ladakh.

Le cachemire industriel, produit en Chine et en Mongolie, utilise d’autres races de chèvres. La fibre, plus épaisse (15 à 19 micromètres), reste moins rare. Le pashmina du Ladakh conserve son statut de produit d’exception, protégé par une appellation géographique.

CaractéristiquePashmina du LadakhCachemire industriel
Race de chèvreChangthangiDiverses (Chine, Mongolie)
Diamètre de fibre12-14 micromètres15-19 micromètres
Altitude d’élevage4 500 m et plus2 000-3 000 m
Production par chèvre/an200-500 g (brut)500-800 g (brut)
Prix moyen d’un châle200-800 €50-150 €

Culture et traditions kashmiris

La culture du Cachemire mêle influences persanes, mogholes et hindoues. Le soufisme domine la pratique religieuse depuis le XIVe siècle : plus de 600 sanctuaires soufis parsèment la vallée de Srinagar. Cette tradition spirituelle coexiste avec le shivaïsme kashméri, une philosophie non-dualiste développée entre le VIIIe et le XIIe siècle.

La cuisine kashmirie se distingue par le wazwan, un banquet cérémoniel de 36 plats servis lors des mariages. Le rogan josh, curry d’agneau aux épices rouges, figure parmi les sept plats obligatoires de ce festin. Le safran de Pampore et le piment kashmir rouge doux donnent aux plats leurs couleurs caractéristiques.

L’artisanat cachemiri compte parmi les plus raffinés d’Asie. Les tapis en soie de Srinagar, tissés à la main, atteignent jusqu’à 900 nœuds par pouce carré. La technique du papier-mâché laqué, la broderie crewel et la sculpture sur bois de noyer complètent un savoir-faire transmis de génération en génération.

Prochaine étape : préparer votre voyage avec un itinéraire de 10 jours au Kashmir qui couvre les sites majeurs de cette région.

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